Mot de la Présidente

Houria Tazi Sadeq
Présidente COALMA

L’eau, question récurrente aux données en renouvellement, est reconnue comme une clé du développement durable qui reste un facteur d’organisation sociale et une composante essentielle de l’histoire des civilisations.
Le Maroc, zone aride et semi-aride dont toute l’eau vient du ciel, a toujours compris la valeur de l’eau. Pour preuve les pratiques locales ancestrales et plus récemment l’approche volontariste du Royaume dont l’objectif est d’assurer l’équité sociale en terme de redistribution des ressources en eau, de favoriser l’hygiène au niveau santé publique et d’assurer la sécurité alimentaire, tout en favorisant le développement socioéconomique global du pays.
Consciente que les actions « Eau » sont de natures diverses avec 3 priorités : les infrastructures (amélioration du réseau, construction de digues, etc.), les systèmes d’informations (récolte et transmission de données aux niveaux local et national) et les mesures institutionnelles et réglementaires (par exemple améliorer la prise en compte du changement climatique dans les Plans Nationaux de l’Eau).
La politique des barrages engagée dès les années 60 a doté le pays de réservoirs de ressources en eau tout en limitant les risques d’inondation.
Les champs d’intervention en la matière se sont étendus :

  • Evolution d’une approche quantitative à une approche de protection qualitative,
  • Recherche d’eaux non conventionnelles dont le dessalement de l’eau de mer,
  • Mix énergétique avec 42 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030,
  • Ouverture du secteur aux partenariats public- privé par la nouvelle Loi sur l’eau.

Tout en adhérant à ces orientations, COALMA retient qu’en Juin 2016, 162 INDC (161 pays et l’Union Européenne) reçues sur un total de 197 Parties concernées par les négociations l’eau est le 1er secteur prioritaire mentionné par les pays du Continent africain pour l’adaptation, suivi de l’agriculture et de la santé qui interagissent avec l’eau. `
Le financement reste au cœur des réponses, mais un financement qui devrait aller jusqu’au local mais aussi aux actions participatives et éducatives afin que les citoyens et notamment les jeunes ne regardent pas de l’extérieur ce qui se passe !

COALMA en tant qu’espace fédérateur et de synergie multi-acteurs qui regroupe les acteurs de l’eau et de l’énergie provenant des secteurs publics et privés entend contribuer à pérenniser durablement les ressources en eau et à valoriser l’expertise marocaine.

Force de proposition auprès des parties prenantes, notamment pour la réduction de la vulnérabilité aux risques liés à l’eau et les mesures d’adaptation aux changements climatiques, elle articule son action autour de trois concepts: l’eau, le changements climatiques et la gouvernance dont chacun en soi est une source de complexités et polarise une multitude de problèmes et défis à relever, caractéristiques du 21ème siècle, avec en toile de fond d’autres défis qui interagissent entre eux : démographique, énergétique, financier, écologique, technologique, migratoire, géostratégique, des matières premières, de l’équité sociale et de la paix.

Elle mesure les interactions entre sécurité hydrique, alimentaire, sanitaire et la paix sociale.
Elle considère que l’approche globale dans une vision à long terme et dans une perspective de développement durable, des réponses interdisciplinaires à des problèmes complexes sont d’une grande utilité au vu du caractère transversal et multisectoriel.

La question consiste à trouver les bonnes articulations et les niveaux pertinents et être en quête d’outils et de méthodologies qui introduisent une « vision » et « des acteurs » qui interviennent dans le processus de décision où l’harmonie entre le technique, l’humain et la nature est trouvée. Il s’agit de viser à la fois la performance, l’éthique et le cadre de la loi et leur effectivité.